Desobs sur le Bien Public
Article du 18 février 2024

Disclaimer
Nous avons eu la chance d’avoir un second article sur le Bien Public.
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À Dijon, l’association Désobsolescence accompagne les particuliers dans la réparation de leurs appareils électroniques, avec un double objectif : partager des connaissances et amener à repenser la façon de consommer.
Ce mardi-là, Matthieu Clément a rendez-vous à la Maison des associations de Dijon pour un atelier bien particulier. Ordinateur sous le bras, le jeune homme s’installe à la table où plusieurs personnes s’affairent déjà à réparer, décomposer ou recomposer divers appareils multimédia. Smartphones, ordinateurs, tablettes… Ici, on accueille chaque objet un peu bancal, un peu malade, pour espérer lui octroyer quelques points de vie supplémentaires.
Sous l’œil attentif d’Émile Billard, membre de l’association Désobsolescence, Matthieu expose sa problématique. La batterie de son PC portable ne parvient plus à tenir sans assistance électrique. Il va falloir ouvrir et disséquer la machine, seul moyen d’établir un diagnostic.
Une opération à cœur ouvert
Devant eux, une petite plaque aimantée, permettant de faire tenir toutes les pièces enlevées au fur et à mesure du désassemblage, se trouve à disposition. Une vis après l’autre, Matthieu finit par soulever l’arrière de l’appareil et en dévoile toutes ses composantes. Un véritable labyrinthe pour une opération à cœur ouvert.
« Il faut être minutieux. Cela nécessite beaucoup de patience, il faut être minutieux », souffle Émile Billard. Au bout de quelques minutes, le résultat tombe : le connecteur de la batterie était jusqu’ici mal fixé, l’empêchant ainsi de fonctionner indépendamment. « Nous ne l’avons su qu’une fois l’ordinateur ouvert. Le simple fait de le démonter a tout de suite permis d’identifier et de régler le problème », détaille Émile Billard. Et ainsi, la durée de vie de la machine est rallongée significativement.
Des modèles assez anciens
« Le plus long reste bien souvent de remonter les appareils. Il s’agit, la plupart du temps, de changer une seule pièce pour que ça marche à nouveau. La soudure, par exemple, reste une part très rare de ce que l’on peut faire ici », précise le jeune membre de l’association. Désobsolescence aide essentiellement à la réparation de modèles assez anciens. L’idée est de démontrer qu’un appareil que l’on croit inutilisable ne l’est en réalité peut-être pas.
Les demandes de rendez-vous en hausse
Cette façon de voir les choses semble être de plus en plus plébiscitée par les particuliers. Depuis sa création il y a un an, l’association voit les demandes de rendez-vous augmenter, émanant d’un public très diversifié : jeunes ou moins jeunes, hommes ou femmes, connaisseurs ou novices… L’accompagnement proposé séduit et démontre son utilité. Sur place, selon les compétences de chacun, on explique, on assiste et on aide durant une heure, pour permettre à tous de prendre part à la réparation.
« Parfois, l’installation d’un logiciel ou la réparation d’une pièce se fait directement. Si une pièce manque, on oriente les gens pour savoir où et quoi commander. Ensuite, ils peuvent réaliser la réparation seuls ou ils reprennent rendez-vous », précise David Frissard, l’un des fondateurs de l’association.
« La longévité est plus importante que ce qui est communiqué »
David Frissard
En parallèle, ce dernier déplore le fait que la conception de beaucoup d’appareils soit pensée pour chaque modèle spécifiquement, avec une connectique propre et différents chargeurs. « Les industriels peuvent indiquer que les capacités d’un ordinateur sont assez limitées, alors que ce sont plutôt certaines pièces qui le sont, que l’on peut par ailleurs changer. La longévité est donc plus importante que ce qui est communiqué », précise David Frissard.
« Partager des infos pour moins et mieux consommer »
Christophe Nagel
Un constat qui va de pair avec la nécessité de repenser notre façon de consommer dans la globalité. « Aujourd’hui, on nous fait croire que tout objet a une fin prédéfinie par avance pour inciter à avoir le nouveau modèle, plus récent. Nos ateliers permettent de montrer que c’est loin d’être toujours le cas, mais aussi que chacun peut partager des informations, s’apporter de l’aide pour moins et mieux consommer », conclut David Frissard.
Cette démarche s’inscrit ainsi pleinement dans une économie solidaire, locale, sociale et écologique.